Aides demande un cadre juridique pour le dépistage associatif
L'association Aides a demandé mercredi "l'élaboration rapide d'un cadre juridique" permettant la pérennisation des actions de dépistage rapide du VIH par des associations. Warning plaide pour sa part pour les autotests. Aides se félicite, dans un communiqué, de la parution mercredi au Journal officiel d'un arrêté autorisant la réalisation du test rapide d'orientation diagnostique (TROD) du VIH dans les situations d'urgence et dans les structures médicalisées.
"Ce texte est une première étape dans l'évolution du dispositif réglementaire du dépistage du VIH en France, tel que recommandé en 2006 par le Conseil national du sida (CNS), et réaffirmé par la Haute Autorité en Santé (HAS) en 2008 et 2009", indique l'association.
Elle fait cependant "part de ses craintes concernant l'adoption du dispositif réglementaire à venir".
Aides rappelle qu'elle est engagée depuis novembre 2008 dans un protocole de recherche aux côtés de l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) afin d'expérimenter une forme de dépistage rapide, à destination de la communauté gay, réalisée directement par des acteurs associatifs (étude ANRS-Comtest).
Ces actions de dépistage communautaire "risquent de tomber dans l'illégalité dès le 30 juin, en l'absence d'un dispositif réglementaire légalisant cette procédure", souligne-t-elle. "Or il semble aujourd'hui évident que ces textes en cours de rédaction ne seront pas disponibles à cette date, ajoute-t-elle.
Aides indique que l'étude ANRS-Comtest a déjà permis de réaliser "plus de 600 entretiens de prévention associés à un dépistage du VIH". "Le nombre de tests positifs est près de dix fois supérieur à celui constaté dans les dispositifs de dépistage classique pour la même population", souligne-t-elle.
Ce type de test permet d'obtenir un diagnostic de séropositivité en 30 minutes après prélèvement d'une simple goutte de sang au bout du doigt. Le résultat est confirmé par un diagnostic biologique classique.
Pour l'association, il offre "un nouvel accès au dépistage pour toutes les populations les plus vulnérables au VIH".
> Warning : "pour les autotests"
L'association Warning estime quant à elle que l'arrêté "autorise en fait tous les médecins français à pratiquer des tests rapides de dépistage du VIH, c'est à dire des tests qui donnent le résultat en une vingtaine de minutes, au-delà des précautions dont on a l'habitude dans les textes provenant du ministère de la santé".
Néanmoins, Warning souhaite que la législation aille plus loin encore grâce aux autotests et demande à la ministre de la Santé de réunir une commission auditionnant les associations afin d'engager un processus de légalisation des tests à domicile et de mise en place de structures d'écoute adaptées.
"source : E-llico"
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